Un employé en tenue de sécurité observe un site industriel depuis une plateforme en hauteur.

AirvaultGoCO2, un projet de captage, stockage et valorisation du CO2 (CCUS) pour notre cimenterie d’Airvault dans les Deux-Sèvres

Le projet AirvaultGoCO2 intervient en solution de dernier recours, après avoir optimisé l’ensemble des leviers traditionnels de décarbonation. AirvaultGoCO2 est un projet de CCUS. Il prévoit le captage de 950 000 tonnes de CO2 par an à compter de 2031. Le CO2 capté sera transporté par carboduc jusqu’au port de Saint-Nazaire d’où il sera acheminé par bateaux dans des zones de stockage permanent off-shore. Une partie du CO2 capté sera valorisé en e-carburant.    

AirvaultGoCO2 fait partie du projet GoCO2 de décarbonation du grand ouest de la France. Lancé en 2021 par Heidelberg Materials France, Lafarge Ciments, Lhoist, Natran et Elengy,  GoCO2 regroupe plusieurs opérations complémentaires de captage et de transport par canalisations souterraines du CO2 en vue de son transport maritime vers des sites de stockage dans des formations géologiques profondes. La brique Terminal (liquéfaction, stockage temporaire et chargement des bateaux en CO2) est portée par Elengy. Il prévoit d’éviter, à partir de 2031, le rejet à l’atmosphère de 2,2 millions de tonnes de CO2 par an.

Vue aérienne d'un site industriel avec des installations pour la production de ciment, accompagné d'un texte mettant en avant une initiative de réduction des émissions de CO₂.

Quatre opérations seront simultanément menées à Airvault :

  • passage du four à l’oxycombustion ;
  • création d'une installation de captage ;
  • création d’une installation de production d’oxygène par séparation des gaz de l’air ;
  • nouveau raccordement au réseau de transport d'électricité.

Pour en savoir plus sur le projet GoCO2 et la concertation préalable qui s’est tenue sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP) du 29 septembre au 19 décembre 2025 : concertation.goco2.fr  

Présentation de la cimenterie d’Airvault

Créée en 1919, l’usine d’Airvault est ancrée depuis plus de 100 ans sur son territoire. Située dans les Deux-Sèvres, au nord de la région Nouvelle-Aquitaine, à proximité des régions Centre-Val de Loire et des Pays de la Loire, elle répond aux besoins de l’ouest et du centre-ouest de la France. La cimenterie d’Airvault génère une production 100 % locale, totalement intégrée, de l’exploitation des carrières jusqu’à la production de ciment. Avec une production annuelle de 800 000 tonnes, elle propose différentes qualités de ciments labellisées NF pour les besoins de près de 300 clients du Grand Ouest : pré-fabricants, bétonniers, négociants, grandes surfaces de bricolage, travaux publics. La cimenterie est un employeur local important avec plus de 140 collaborateurs, spécialistes ou généralistes dans différents domaines techniques (procédé, maintenance, qualité, sécurité, environnement et gestion). L’usine a également recours à près de 200 entreprises de sous-traitance pour les différents services liés à son activité : maintenance, approvisionnements énergétiques, et transport. Elle est le poumon économique et social de l’Airvaudais.

 

La cimenterie d'Airvault : un site en pleine transformation

Depuis 2022, la cimenterie connaît une transformation massive dans le cadre du programme de décarbonation « Airvault 2025 ».

Représentant un investissement d’environ 350 millions d’euros, ce programme vise à activer plusieurs leviers de décarbonation permettant de réduire de 30 % les émissions de CO2 à la tonne de ciment. Ce programme se caractérise par la construction d’une nouvelle ligne de production de clinker permettant d’améliorer significativement les performances énergétiques et environnementales de la cimenterie. Il permettra par ailleurs d’augmenter la capacité de production annuelle de clinker.

Le nouveau four d’Airvault (four 6) est entré en fonctionnement en avril 2026.  

Les principaux leviers de décarbonation activés à Airvault sont :  

  • L’efficacité énergétique, avec une nouvelle ligne de production équipée des meilleures techniques disponibles ;
  • La substitution de combustibles fossiles par des combustibles alternatifs (de type CSR – Combustibles solides de récupération) pour la production de chaleur, à hauteur de 88 % ;  
  • L’incorporation de matières alternatives (calcaire, argiles calcinées, laitiers de haut fourneau…) au clinker appelées « ajouts » dans la composition du ciment. 

 

Site industriel avec des infrastructures de production de matériaux de construction et un paysage boisé en arrière-plan.

Les principales caractéristiques d'AirvaultGoCO2

AirvaultGoCO2 viendra réduire d'au moins 95 % les rejets de CO2 de la cimenterie.

Le fonctionnement de l'unité CryocapTM permettra en outre de réduire les autres rejets et de récupérer la vapeur d’eau contenue dans les fumées issues de la ligne de production de clinker, avec à la clé l'arrêt du prélèvement dans le Thouet voisin.  

Logo de l'entreprise Airvault COC en texte vert avec un soulignement vert.

Principe de fonctionnement simplifié d’une unité Cryocap™ OXY © Air Liquide France Industrie

Pour alimenter le four en oxygène, une installation de production dédiée sera créée. Ce type d’installation est très répandu dans l’industrie : il permet de séparer les différents gaz de l’air, dont l’oxygène, en exploitant leurs propriétés physiques. Ainsi, en jouant sur la pression et la température, les différents gaz se comportent différemment et il devient possible de les isoler. Outre l’air ambiant, la seule ressource requise est l’électricité pour alimenter compresseurs, unités cryogéniques, etc.  

Avec les installations de captage du CO2 et de production d’oxygène, la consommation d’électricité de la cimenterie d’Airvault va augmenter significativement. La puissance requise passera de 50 MW à 120 MW. Ainsi, un nouveau raccordement au réseau de transport d’électricité sera nécessaire.  

Zoom sur le fonctionnement d’une unité Cryocap™ OXY

Étape 1 : les fumées de la cimenterie, pré-concentrées grâce au procédé de cuisson en oxycombustion, sont refroidies et nettoyées de leurs poussières.  

Étape 2 : les fumées sont comprimées puis séchées.  

Étape 3 : les fumées sont refroidies à environ -50 °C. À cette température, le CO2 peut être facilement séparé des autres gaz. Le CO2 est ainsi récupéré et compressé afin d’être transporté.  

Étape 4 : la fraction gazeuse, qui contient encore un peu de dioxyde de carbone, passe au travers de membranes pour améliorer la récupération de CO2 et ainsi très fortement limiter les rejets à l’atmosphère. Le CO2 ainsi capté est renvoyé à l’étape 2, tandis que les gaz résiduels (principalement de l’azote et de l’oxygène) sont rejetés à l’atmosphère

Grâce à l’unité Cryocap™, les autres émissions seront également fortement réduites. En effet, les oxydes de soufre, oxydes d’azote, et autres métaux se retrouveront dans les effluents liquides de l’installation de captage. Il ne restera alors en sortie de l’unité Cryocap™ qu’une petite portion de CO2 non-captée, de l’oxygène, de l’azote et des traces d’autres émissions. 

L'argile calcinée : une perspective à l'étude à Airvault

Le ciment est composé a minima de clinker et de gypse. Selon les usages, sa composition varie afin d’adapter ses propriétés. On vient alors substituer une part du clinker par des ajouts, tels que le laitier de haut fourneau, le calcaire, les cendres volantes ou encore l’argile calcinée. Ces ajouts participent à réduire la proportion de clinker dans le ciment, et donc les émissions de CO2 associées. L’argile calcinée est un de ces ajouts dont le développement s’accélère ces dernières années. Les ciments qui résultent d’un mélange de clinker et d’argile calcinée présentent en effet de très bonnes caractéristiques techniques et une empreinte carbone réduite. L’argile calcinée est produite en portant à 850°C l’argile (contre 1450°C pour le clinker). Pour le site d’Airvault, les ressources en argile de la nouvelle carrière d’Amailloux à proximité de l’usine dans les Deux-Sèvres pourraient être utilisées.  

AirvaultGoCO2, un projet qui fait de la gestion de l’eau un enjeu prioritaire

L’opération de captage du CO2 aura un effet positif sur la gestion de l’eau, enjeu central dans les Deux-Sèvres.  

La nouvelle ligne de production de clinker utilise de l’eau prélevée dans un affluent du Thouet à hauteur de 180 000 m3 par an. Ce prélèvement ne sera plus nécessaire avec l’unité de captage en fonctionnement. En effet, elle permettra de condenser la vapeur d’eau contenue dans les fumées issues de la ligne de production de clinker : l’eau ainsi récupérée pourra être réutilisée sur site en substitution complète de l’eau prélevée dans le milieu naturel.

Les études techniques relatives à l’opération de captage du CO2 du four de la cimenterie d’Airvault sont en cours depuis 2023 et doivent se poursuivre jusqu’en 2028, date prévisionnelle pour la décision d’investissement d’Heidelberg Materials. Si l’opération est confirmée, la mise en service est envisagée à compter de 2031.  

Logo de l'Union européenne accompagné de texte indiquant un financement ou un programme européen.

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Coordinatrice projet

Mélanie Shink

Manager Stratégie

Contact presse

Ludovic Péro

Directeur affaires publiques et communication